Jean d’ Ormesson : Qu’ai-je donc fait


Jean d’ Ormesson : Qu’ai-je donc fait

Les voyages ont longtemps constitué une aventure solitaire, malcommode et délicieuse. Avec le progrès foudroyant des transports, ils sont devenus une corvée collective et confortable. Ils tendent à se rapprocher de la définition de Céline: "Un petit vertige pour couillons." Au point que le meilleur du voyage est désormais, d’un côté, dans le projet et, de l’autre, dans le souvenir. Entre les deux, une routine de masse. Et une nouvelle servitude volontaire. Peut-être faudra-t-il finir, selon le voeu de Baudelaire, par nous contenter du projet, sans plus chercher jamais à le réaliser? Depuis toujours, le projet est aussi beau – et parfois plus beau encore – que la réalité. C’est vrai pour l’amour, c’est souvent vrai, hélas! pour la littérature. Et c’est vrai pour les voyages.

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