Albert Camus : Carnets (Camus)

Albert Camus : Carnets (Camus) Ciel d’orage en août. Souffles brûlants. Nuages noirs. A l’est pourtant, une bande bleue, délicate, transparente. Impossible de la regarder. Sa présence est une gêne pour les yeux et pour l’âme. C’est que la beauté est insupportable. Elle nous désespère, éternité d’une minute que nous voudrions pourtant étirer tout au ...

Astolphe de Custine : Mémoires et voyages

Astolphe de Custine : Mémoires et voyages Quand les ténèbres du soir se répandent sur ces paysages désolés, le coeur de l’homme s’ouvre à la tristesse, et la poésie la plus mélancolique devient l’expression naturelle de ses sentiments intimes. Le deuil de la nature semble appeler du fond de son âme les pensées douloureuses; il ...

André Gide : Paludes

André Gide : Paludes Il y a des choses que l’on recommence chaque jour, simplement parce qu’on n’a rien de mieux à faire; il n’y a là ni progrès, ni même entretien – mais on ne peut pourtant pas ne rien faire… C’est dans le temps le mouvement dans l’espace des fauves prisonniers ou celui ...

Henry David Thoreau : Résistance au gouvernement civil

Henry David Thoreau : Résistance au gouvernement civil De grand coeur, j’accepte la devise: "Le gouvernement le meilleur est celui qui gouverne le moins" et j’aimerais la voir suivie de manière plus rapide et plus systématique. Poussée à fond, elle se ramène à ceci auquel je crois également: "que le gouvernement le meilleur est celui ...

Jean d’ Ormesson : Qu’ai-je donc fait

Jean d’ Ormesson : Qu’ai-je donc fait Les voyages ont longtemps constitué une aventure solitaire, malcommode et délicieuse. Avec le progrès foudroyant des transports, ils sont devenus une corvée collective et confortable. Ils tendent à se rapprocher de la définition de Céline: "Un petit vertige pour couillons." Au point que le meilleur du voyage est ...

Jean Giono : L’homme qui plantait des arbres

Jean Giono : L’homme qui plantait des arbres Pour que le caractère d’un être humain dévoile des qualités vraiment exceptionnelles, il faut avoir la bonne fortune de pouvoir observer son action pendant de longues années. Si cette action est dépouillée de tout égoïsme, si l’idée qui la dirige est d’une générosité sans exemple, s’il est ...

Jean Racine : Andromaque

Jean Racine : Andromaque Acte II, Scène 2: Tel est de mon amour l’aveuglement funeste,Vous le savez, Madame, et le destin d’OresteEst de venir sans cesse adorer vos attraits,Et de jurer toujours qu’il n’y viendra jamais.Je sais que vos regards vont rouvrir mes blessures,Que tous mes pas vers vous sont autant de parjures:Je le sais, ...

Henry David Thoreau : Walden ou la vie dans les bois

Henry David Thoreau : Walden ou la vie dans les bois Nul ne peut se dire impartial ou prudent observateur de la vie humaine, qui ne se place sur le terrain avantageux de ce que nous appellerons la pauvreté volontaire. D’une vie de luxe le fruit est luxure, qu’il s’agisse d’agriculture, de commerce, de littérature ...

Jean d’ Ormesson : Comme un chant d’espérance

Jean d’ Ormesson : Comme un chant d’espérance Les hommes se sont souvent interrogés sur le néant. Celui d’après la mort, d’abord; celui d’avant le monde, ensuite. Est-ce le même? Qui le sait? Et surtout, dans un cas comme dans l’autre: est-ce vraiment un néant? N’y a-t-il vraiment rien dans ce que nous appelons le ...

Jean Racine : Phèdre

Jean Racine : Phèdre Acte II, Scène 5: Ah, cruel, tu m’as trop entendue!Je t’en ai dit assez pour te tirer d’erreur.Eh bien! Connais donc Phèdre et toute sa fureur:J’aime! Ne pense pas qu’au moment que je t’aime,Innocente à mes yeux, je m’approuve moi-même;Ni que du fol amour qui trouble ma raisonMa lâche complaisance ait ...