Je relis beaucoup; je crois comprendre beaucoup mieux. C’est une vieillesse qui n’est pas sans charme que celle que l’on consacre à corriger ses vieux contresens.
Émile Faguet (L’art de lire, éd Armand Colin, p. 140)
Un poème est comme un tableau : tel plaira à être vu de près, tel autre à être regardé de loin ; l’un demande le demi-jour, l’autre la pleine lumière, sans avoir à redouter la pénétration du critique ; l’un plaît une fois ; l’autre, cent fois exposé, plaira toujours.
Horace (Art Poétique p. 268 in Oeuvres, Garnier-Flammarion n° 159)
Quelque défiance que nous ayons de la sincérité de ceux qui nous parlent, nous croyons toujours qu’ils nous disent plus vrai qu’aux autres.
La Rochefoucauld (Réflexions ou Sentences et Maximes morales [366], p.99, Éd. Garnier Frères, 1961)
Comme la tranquillité qu’on peut se procurer par le moyen des autres hommes ne va pas jusqu’à un certain point, il y a un art de s’en procurer une parfaite à soi-même : c’est de simplifier ses besoins, de se dégager de beaucoup de choses, et de se contenter de peu.
Epicure (Maximes, trad. Octave Hamelin et Jean Salem, p.73, Librio n°363)
Moi qui prends très au sérieux le fait d’écrire et encore plus celui de publier, moi qui ne peux me détacher d’un texte sans avoir scruté chaque mot, interrogé le moindre silence, l’idée que je doive traîner comme un boulet tous ces guillemets dont j’abuse, l’idée que chaque page sombre puisse alimenter les ténèbres, chaque virgule peser sur la balance cosmique, la vision de mes entournures boiteuses boitant derrière moi pour l’éternité, tout cela me remplit d’effroi.
Marité Villeneuve (Le cortège de Mozart, p.60, in Virages n°39, 2007)