[…] Nos pensées sont susceptibles de différents coloris : séparées, chacune a une couleur qui lui est propre ; rapprochées, elles se prêtent mutuellement des nuances, et l’art consiste à peindre ces reflets.
Étienne Bonnot de Condillac (Traité de l’art d’écrire in Oeuvres complètes, t. 10, p.198, Dufart, 1803.)
Les vieux, c’est comme les enfants, ils voudraient qu’on les plaigne, mais qui en a pitié?
Anton Tchékhov (Oncle Vania, Folio n° 521, trad. Génia Cannac et Georges Perros, p.197)
Le doigt qui pointe les raves et la drogue plutôt que le rien et le vide est le doigt de quelqu’un qui cède à l’illusion de comprendre.
Monique LaRue (La gloire de Cassiodore, p.26, Boréal, 2002)
En vérité, on acquiert une dignité et un rang particuliers en se rapprochant des frontières du royaume de la mort; il semble que le chuchotement des habitants de ce pays atteint l’oreille penchée de leur côté. Aussi les mystérieux sages de la terre écoutent-ils en silence, comme des disciples et de pieux enfants, les inspirations exhalées par des lèvres mourantes.
Fredrika Bremer (Le Foyer Domestique, trad. Mlle. R. du Puget, p.325, Paris, 1862)
Mais on a vu parfois l’ambition cruelle
D’un soldat triomphant faire un sujet rebelle.
Étienne-Joseph-Bernard Delrieu (Artaxerce, acte 1, sc. 3. (Cléonide), 1808)