Il existe un ennui noble, en quelque sorte métaphysique, qu’il convient de fuir. C’est celui d’un être pour lequel le quotidien dans sa mesquinerie apparaît dérisoire au regard de l’infini qu’il porte en lui. Il fait ainsi l’expérience du cafard, du néant, car bien mince est la distance qui sépare le peu de chose qu’il croit être et le rien.
Pierre Sansot (Du bon usage de la lenteur, p.54, Éd. Rivages poche n°313)
Un homme qui ne se fait pas valoir décourage ceux qui lui veulent du bien.
Henry de Montherlant (Le Maître de Santiago, p.45, Livre de Poche n°1172)
Il est étrange que, parfaitement certains de la brièveté de la vie, nous prenions tant à coeur les intérêts qui s’y rapportent. Quelle est cette activité, ce mouvement, à l’entour de places et de richesses dont nous aurons si peu de temps à jouir ? Et ces pleurs sur des morts chéris que nous irons rejoindre demain ? L’homme sait tout cela, et cependant il s’agite, il s’inquiète, il s’afflige, comme si la fin de ces empressements et de ces larmes n’était pas prochaine, et nulle philosophie ne peut lui donner sur toutes choses l’indifférence qui convient à un condamné à mort sans espoir ni recours.
Louise Ackermann (Pensées d’une solitaire, p.3, Alphonse Lemerre, 1903)
L’ignorance et la pauvreté ont les mêmes effets que la richesse.
Alexis Carrel (L’homme cet inconnu, p.165, Livre de Poche n° 445-6)
Auprès de ce qu’on aime on ne craint jamais rien.
Ange-Étienne-Xavier Poisson de Lachabeaussière (Les Maris Corrigés, acte 2, sc. 3 (Cloris), 1810)