Citations quotidiennes du 22-06-2024

Ajouter un commentaire

L’idéal quand on lit, c’est de tout oublier. Savoir que dans un livre se trouve un ton, qu’on va être étonné, émerveillé, ému à coup sûr, qu’on va sourire, qu’on va connaître un plaisir sans retenue. Le savoir pendant des années, se retenir d’aller vérifier, puis un jour risquer un oeil, pour voir. Et ne pas être déçu. La grande joie qui nous emplit, que n’a certes pas connue l’auteur du livre.
Gilles Archambault (Les plaisirs de la mélancolie, p.102, Éd. Boréal, 1994)

L’absence pour vous vaincre est le plus sûr moyen.

Adrien-MIchel Blin de Sainmore (Orphanis, acte 4, sc. 4. (Sésostris), 1773)

Pour entendre parler de l’être que l’on aime, on n’est jamais fatigué.

Françoise Dorin (Comme au théâtre in Théâtre II, p.129, Julliard, 1973)

Auparavant, avec la biologie, si l’information mourait, alors l’organisme mourait. Avec la culture, l’information peut mourir sans faire disparaître l’organisme. Et je crois que c’est l’une des raisons pour lesquelles la culture a pris une place si importante ; vous pouvez y explorer un espace de variantes d’information déterminant les comportements, et vous pouvez aussi développer des règles à partir de comportements sans avoir à détruire les organismes porteurs de ces comportements. C’est donc une manière beaucoup plus efficiente d’évoluer en évaluant l’espace déterminant les comportements – il y a là une sorte de génétique appliquée à la culture.

Christofer Langton (Les « bio-logiques », ou tout ce pourrait être, p.149, in La Complexité, vertiges et promesses, Le Pommier/Poche, 2006)

Nous avons non seulement de droit à la différence mais le devoir de différence.
Les sociétés centralisées reposent sur des soldats formatés, les seuls individus aptes à répondre à des ordres. Les sociétés décentralisées se construisent grâce à des rebelles généralistes. Spontanément, ils créent des réseaux sociaux où chaque lien vibre à sa fréquence propre comme autant de notes de musique. De cette cacophonie émerge, par auto-organisation, un accord parfait, jamais un ton monocorde. Le passage de la centralisation à la décentralisation est, pour la société, comme le passage du contrepoint à la polyphonie en musique. Plutôt qu’une voix unique ui se fait écho à elle-même, de multiples lignes mélodiques s’entremêlent et se répondent.

Thierry Crouzet (Le peuple des connecteurs, p.93, Bourin éditeur, 2006)

Laisser une réponse