En écrivant ne portons pas de ces jugements que la postérité puisse infirmer. Plus on a de mérite, et plus il faut y prendre garde : si votre nom doit rester, la tache restera. Boileau du fond de la tombe ne peut plus effacer ce qu’il a dit de Quinault. Il faut surtout se défier de l’entraînement de l’opinion dominante au moment qu’on écrit : elle exerce toujours plus ou moins d’influence sur notre manière de sentir ; excepté chez les esprits très élevés, et qui voient au loin.
Jean-Baptiste Say (Petit volume contenant quelques aperçus des hommes et de la société, p.15, Deterville, 1817)
[…] on ne peut rien les uns pour les autres. On est seul.
Gabriel Marcel (La chapelle ardente, p.64, Éd. La table ronde)
C’est terrible d’être né avec le caractère tellement difficile, qu’on se met tout de suite à jeter des pierres et à pousser des cris, sans vouloir entendre un mot d’explication.
Aristophane (Les Acharniens, in Théâtre complet I, Garnier-Flammarion n° 115, trad. Marc-Jean Alfonsi, p. 38)
Il y a des hommes auxquels il ne manque guère, pour être sans défaut, que de ne pas se croire parfaits.
É. Gérusez (Cité dans le Magasin Pittoresque, p. 59, Paris, 1867. )
Le patient use toujours l’impatient.
Paul Morand (L’homme pressé, p.50, Livre de Poche, n°1033)