Penser n’est pas seulement un exercice de l’intellect ou de la raison, une mise en oeuvre de règles formelles permettant d’aboutir à la validité ou à la non-validité d’une proposition. Penser est sans doute d’abord un exercice éthique, une physique de l’esprit, un mouvement, en un mot une activité qui réalise la puissance spirituelle de l’homme, lui donne un poids, le fait être, et en quelque sorte lui confère une incarnation.
Dominique Doucet (Ne cesse pas de sculpter ta propre statue (Plotin), p.27, Éd. Pleins Feux, coll. Variations, 2005)
Protéger votre peuple autant qu’il vous révère,
C’est en être, seigneur, le véritable père ;
Et père de son peuple est un titre plus grand
Que ne le fut jamais celui du conquérant…
Edme Boursault (Ésope à la Cour, acte 1, sc. 3 (Ésope), 1701)
Il faut dire la vérité à quelqu’un qui va mourir… Il faut qu’il sache la vérité, sans cela il ne pourrait pas dormir…
Maurice Maeterlinck (Pelléas et Mélisande, p.66, Éd. Fasquelle)
Vous me manquez, je suis absente de moi-même ;
Victor Hugo (Hernani, p.50, Livre de Poche n° 2434)
J’oubliais de vous dire, madame, que moi aussi, je voudrais que les philosophes se servissent de la langue de tout le monde. Il est vrai que c’est pour une raison qui enlèvera à vos yeux tout pris à mon désir : c’est parce que leurs termes spéciaux actuels sont des nids d’équivoques, et qu’une bonne langue philosophique est chose encore à faire.
Juilien Benda (Les sentiments de Critias, p. 77, Émile-Paul frères, Paris, 1917)