HAPPY. Il savait tout faire !
BIFF. Sauf choisir ses rêves…
Arthur Miller (Mort d’un commis voyageur, trad. Jean-Claude Grumberg, p.117, Actes Sud)
Ne fais pas toi-même ce qui te déplaît dans les autres.
Thalès de Milet (Moralistes anciens, p.525, choix de Louis Aimé-Martin, Lefèvre et Chapentier, Paris, 1844)
La danseuse de charleston. Elle est ravissante à voir, justement à cause de l’absurdité merveilleuse de ses gestes. On se demande comment elle peut créer tant de grâce avec ce mouvement révoltant pour tout orthopédiste, avec ce trémoussement de jambes cagneuses.
Qu’est-ce que tout cela donnera plus tard ? quelles chevilles se réserve-t-elle pour la trentaine ? quels genoux ? quels bizarres enfants offrira-t-elle à la patrie ? Il importe peu. Ce qui est délicieux dans la danse, c’est précisément cet insouci de l’avenir, cette consommation énorme qu’elle fait de la jeunesse. On dirait d’un grand feu nourri des bois les plus précieux. C’est pour cela qu’il flambe si joyeusement. La danseuse de charleston, acrobatique, ultra-légère, indifférente à tout sauf à ses pas, est une parfaite philosophe, sans le savoir. Elle danse et elle plaît. Nous n’avons rien à lui demander de plus.
Francis de Miomandre (La Mode, p.47, Éd. Hachette (coll. Notes et Maximes), 1927)
Il est aisé d’être plus correct que Fénelon ; mais il est difficile de penser mieux que lui.
Étienne Bonnot de Condillac (Traité de l’art d’écrire in Oeuvres complètes, t. 10, p.312, Dufart, 1803.)
[…] Il y a, dans la vie des individus comme des nations, des moments où il faut savoir temporiser, vivre au jour le jour, tout en préparant les moyens d’atteindre le but voulu quand le moment propice se présentera.
Alexandre, baron de Hübner (Promenade autour du monde – 1871, tome 2, p.481, trad. ?, Hachette, Paris, 1875)