Citations quotidiennes du 10-03-2025

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Dans ma mansarde je me mets moi aussi souvent à la lucarne rien que pour voir les nuages. Alors je sens que je vis encore.
Peter Handke (La femme gauchère, trad. Georges-Arthur Goldschmidt, p.111, Éd. Folio n°1192)

Ce qui nous rebutait le plus dans nos études, c’était l’inutilité de nos travaux. Toujours s’exercer et ne jamais rien faire.
Valery Larbaud (Enfantines (Devoirs de vacances), Gallimard coll. L’imaginaire, p.202)

[…] la chance n’est-elle pas, parfois, la plus insolente des aristocraties ?

Étienne Rey (La Chance, p.53, Libairie Hachette (Coll. Notes et Maximes), 1928)

Disons-le clairement, c’est-à-dire de manière pédagogique : une société humaine dépourvue de violence serait une société parfaitement inerte. C’est un fait fondamental que n’importe quel éducateur doit prendre en compte avant de commencer à traiter le sujet. Ce n’est pas un phénomène pervers, inexplicable et venu d’on ne sait quel monde diabolique, c’est une composante de notre condition, qui doit être rationnellement compensée et adoucie par l’usage de tendances non moins naturelles à la coopération, à la fraternité, à l’organisation pacifique du monde. De fait, la plus belle vertu de notre condition violente est qu’elle nous apprend à craindre la violence et à apprécier les institutions qui nous enjoignent d’y renoncer.

Fernando Savater (Pour l’éducation, trad. Hélène Gisbert
, p.107, Rivages poche n°314, 2000)

[…] être barbare, c’est se croire civilisé, rejeter les autres dans le néant. Alors qu’être civilisé, c’est se savoir barbare, connaître la fragilité des barrières qui nous séparent de notre propre ignominie et que le même monde porte en lui la possibilité de l’infamie et du sublime.

Pascal Bruckner (Misère de la prospérité [Excipit], p.246, Livre de Poche, n°30025)

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