Il y a chez nous tous, je crois, un instant qui nous donne une connaissance de ce que nous allons vivre. Je n’ai aucun doute là-dessus. Les devins d’autrefois voyaient l’avenir, parce que la clairvoyance n’était pas chez eux, comme chez nous, obscurcie par le refus de l’homme de connaître à l’avance son propre sort. Je répète ma conviction: la vision du destin qui nous attend est enclose en chacun de nous. Nous en jouirions – mais peut-on jouir d’une prescience qui débouche tôt ou tard sur la mort? – Si nous n’avions élevé entre elle et nous le mur de notre aveuglement.
Robert Merle (Madrapour, Folio n° 972)
Le crime naît du crime et lui-même s’expie.
Alexandre Guiraud (Le Comte Julien, acte 3, sc. 7 (Lydda), 1823)
[…] ce qui caractérise d’abord et avant tout un philosophe est justement l’orgueil de la solitude.
Michel Besnier (In La grâce de solitude de Marie de Solemne, p.59, Éd. Dervy,1998)
Sachez que l’homme enfin ne s’est donné des rois
Que pour venger, par eux, la nature et ses lois;
Ses lois sont des humains les arbitres suprêmes,
Mais ne règnent par nous qu’en régnant sur nous-mêmes.
Antoine Leblanc (Manco Capac, acte 1, sc. 4 (Manco), 1763)
Car les détails, comme chacun le sait, conduisent à la vertu et au bonheur; les généralités sont, au point de vue intellectuel, des maux inévitables. Ce ne sont pas les philosophes, mais bien ceux qui s’adonnent au bois découpé et aux collections de timbres, qui constituent l’armature de la société.
Aldous Huxley (Le meilleur des mondes, trad. Jules Castier
, p.30, Livre de poche, n°346|347)