Citations quotidiennes du 07-06-2026

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À la campagne l’esprit ne peut jamais s’épanouir, seulement à la ville, mais aujourd’hui les gens fuient la ville pour la campagne, parce qu’au fond ils tiennent trop à leurs aises pour faire usage de leur tête, qui est, naturellement, radicalement mise à l’épreuve à la ville […]
Thomas Bernhard (Le neveu de Wittgenstein, trad. Jean-Claude Hémery, p.103, Folio n°2323)

Vous savez, l’inventeur des menottes, des fers et des chaînes ne se serait jamais douté de l’utilisation que ces conceptions d’un âge plus rude et plus simple que le nôtre auraient un jour dans le monde moderne! Si j’étais à la place des promoteurs immobiliers et des responsables de l’aménagement du territoire en banlieue, j’en prévoirais au minimum une paire au mur de chaque foyer. Quand les banlieusards seraient fatigués de la télévision, du ping-pong ou des autres activités, quelles qu’elles soient, qu’ils pratiquent dans leur foyer, ils pourraient s’enchaîner les uns les autres, se jeter aux fers pour un moment. Tout le monde adorerait ça. On entendrait les épouses: "Mon mari m’a jetée aux fers, hier soir. C’était formidable. Le vôtre ne vous l’a jamais fait?". Les enfants se hâteraient de rentrer de l’école à la maison car leur mère les y attendrait pour les enchaîner. Cela permettrait aux enfants d’enrichir leur imagination, ce que le télé leur interdit, et je ne doute pas que la délinquance juvénile en serait considérablement diminuée. Quand le père rentrerait à son tour, les autres membres de la famille pourraient se saisir de lui et le jeter aux fers pour lui apprendre à être assez stupide pour travailler toute une journée dans le but de subvenir aux besoins du ménage. Les vieux parents ennuyeux pourraient être enchaînés dans le garage. On leur libérerait les mains une fois par mois, pour leur permettre d’endosser leur chèque de sécurité sociale ou leur retraite. Les fers et les chaînes permettraient la construction d’une vie plus belle pour tous.
J. Kennedy Toole (La conjuration des imbéciles, trad. Jean-Pierre Carasso, p.322 Robert Laffont)

Devant une femme jolie
L’éloge de toute autre est un trait d’écolier.
Marc-Antoine-Jacques Rochon de Chabannes (Le Jaloux, acte 2, sc. 2 (Valsain), 1784)

Citation n. Répétition erronée d’une déclaration d’autrui. Extrait repris avec des erreurs.

Ambrose Bierce (Le dictionnaire du Diable, trad. Bernard Sallé, p.51, Rivages/Étranger, n°11)

Chercher une solution à un problème, c’est lui donner une existence. "Soigner" l’échec en maths, c’est lui donner une réalité.
Elles sont là, les raisons de l’échec. Elles consistent non à se demander pourquoi l’enfant échoue, mais pourquoi on peut se demander pourquoi. Autrement dit, pourquoi on accepte de se poser la question, lui donnant par là même une raison d’exister.
Stella Baruk (Échec et maths, Éd. Seuil Points/S11)

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