J’adore les dédicaces sur les pages de garde et les notes dans les marges, j’aime ce sentiment de camaraderie qu’on éprouve à tourner, à lire les passages sur lesquels quelqu’un, disparu depuis longtemps, attire mon attention.
Helene Hanff (84, Charing Cross Road, trad. Marie-Anne de Kisch
, p.51, Livre de Poche n°15575)
De tous les despotismes, celui des doctrinaires ou des inspirés religieux est le pire. Ils sont si jaloux de la gloire de leur Dieu et du triomphe de leur idée qu’il ne leur reste plus de coeur ni pour la liberté, ni pour la dignité. ni même pour les souffrances des hommes vivants. des hommes réels. Le zèle divin, la préoccupation de l’idée finissent par dessécher dans les âmes les plus tendres, dans les coeurs les plus humains, les sources de l’amour humain.
Michel Bakounine (Dieu et l’État, p.62, Mille et une nuits, n°121, 2000)
Si tu as peur de te faire mal, tu augmentes les chances, justement, de te faire mal. Regarde les funambules, tu crois qu’ils pensent au fait qu’ils vont peut-être tomber lorsqu’ils marchent sur la corde raide ? Non, ils acceptent ce risque, et goûtent le plaisir que braver le danger leur procure. Si tu passes ta vie à faire attention de ne rien te casser, tu vas terriblement t’ennuyer, tu sais…
Mathias Malzieu (La Mécanique du Coeur, p.62, J’ai lu n°8898, 2007)
Tullie : Que cherchez-vous ici, généreux Clodomir ?
Clodomir : Ce que les malheureux cherchent tous, à mourir.
Prosper Jolyot de Crébillon (le Triumvirat, acte 1, sc. 2 (Tullie/Clodomir), 1754)
L’humour, cette expression irréductible de l’éthique.
Daniel Pennac (Au bonheur des ogres, Folio n°1972, p. 176)