Je me méfie des gens qui se donnent l’apparence de ne s’occuper que des « grandes questions », qu’elles soient politiques ou économiques. Elles sont certes importantes, mais les hommes ou les femmes qui prennent les décisions capitales sont eux aussi tenus aux gestes les plus triviaux, les plus élémentaires. On veut toujours faire l’ange, et souvent on fait la bête…
Colette Nys-Mazure (Les ombres et les jours, p.45, Stanké, 1999)
Déjà je l’imagine
tombant sur mon cadavre –
la neige
Kyoshi Takayama (Haiku, trad. Corinne Atlan et Zéno Bianu, p.173, nrf, Poésie/Gallimard, 2002)
Rien n’est plus incertain que le sort d’un procès.
Jacques-Marie Boutet de Monvel (L’Amant bourru, acte 2, sc. 10 (La comtesse), 1775)
L’Esprit ne pourra jamais s’expliquer comme une sécrétion de la Matière, aussi complexe que soit celle-ci. Derrière chaque chef-d’oeuvre, il faut un architecte.
Jean E. Charon (L’esprit cet inconnu, p.136, Éd. Albin-Michel)
Nos machines au souffle de feu, aux membres d’acier, infatigables, à la fécondité merveilleuse, inépuisable, accomplissent docilement d’elles-mêmes leur travail sacré ; et cependant le génie des grands philosophes du capitalisme reste dominé par le préjugé du salariat, le pire des esclavages. Ils ne comprennent pas encore que la machine est le rédempteur de l’humanité, le Dieu qui rachètera l’homme des sordidae artes et du travail salarié, le Dieu qui lui donnera des loisirs et la liberté.
Paul Lafargue (Le droit à la paresse, p.59, Mille et une nuits, n°30)