Ma bonté sait borner l’autorité de père ;
Le ciel nous a donné des droits sur nos enfants,
Pour être leurs soutiens, et non pas leurs tyrans.
Louis de Boissy (les Dehors trompeurs, acte 5, sc. 5 (Le Baron), 1744)
Comment peut-on voir cette beauté de l’âme bonne ? Reviens en toi-même et regarde : si tu ne vois pas encore la beauté en toi, fais comme le sculpteur d’une statue qui doit devenir belle ; il enlève une partie, il gratte, il polit, il essuie jusqu’à ce qu’il dégage de belles lignes dans le marbre ; comme lui, enlève le superflu, redresse ce qui est oblique, nettoie ce qui est sombre pour le rendre brillant, et ne cesse pas de sculpter ta propre statue, jusqu’à ce que l’éclat divin de la vertu se manifeste, jusqu’à ce que tu voies la tempérance siégeant sur un trône sacré. Es-tu devenu cela ? Est-ce que tu vois cela ? Est-ce que tu as avec toi-même un commerce pur, sans aucun obstacle à ton unification, sans que rien d’autre soit mélangé intérieurement avec toi-même ? Es-tu tout entier une lumière véritable, non pas une lumière de dimension ou de forme mesurables qui peut diminuer ou augmenter indéfiniment de grandeur, mais une lumière absolument sans mesure, parce qu’elle est supérieure à toute mesure et à toute quantité ? Te vois-tu dans cet état ? Tu es alors devenu une vision ; aie confiance en toi ; même en restant ici, tu as monté ; et tu n’as pas plus besoin de guide ; fixe ton regard et vois.
Plotin (Ennéades, I, VI, cité par Dominique Doucet dans Ne cesse pas de sculpter ta propre statue, trad. Émile Bréhier, p.9, Pleins Feux coll. Variations, 2005)
La mémoire est curieuse : elle retient des choses qui ne valent pas trois sous. Pour le reste, tout passe à la grande fosse.
Philippe Claudel (Les âmes grises, p.83, Stock, 2003)
C’est une belle application des sciences exactes que d’avoir su déterminer les dimensions de ce globe que nous habitons, et d’avoir fait de sa grandeur même le type invariable d’une mesure universelle , dont les subdivisions servent à arpenter nos champs, et les multiples pour évaluer les espaces célestes.
Jean-Baptiste Biot (Recueil d’observations géodésiques, p.V. Courcier, Paris, 1821)
L’approbation de certains nous attriste ; la désapprobation de certains autres… nous ravit.
Augusta Amiel-Lapeyre (Pensées sauvages – 2e série, p.23, Desclée de Brouwer, 1930)