Non, ce que j’aimais, ce que j’aime encore, c’est une langue assez souple pour se laisser indéfiniment renouveler, insensiblement séduire, détourner du droit chemin, assez docile pour qu’il n’y ait nul besoin rageur de la casser, assez contraignante pour qu’on n’oublie jamais son altérité, pour qu’en elle, dans les moments de grâce, je puisse me fondre et, après, comme comblé par le vide des mots, me ressaisir. Si la langue était mon idéal de femme !
J.-B. Pontalis (L’amour des commencements, p.24, Folio, n°2571)
[…] tout ce qui a son prix est de peu de valeur.
Friedrich Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra, trad. Georges-Arthur Goldschmidt, p. 289, Éd. Livre de poche n° 987)
Il n’est rien de si beau que la sincérité:
Mais souvent ce qu’on croit n’est pas la vérité.
Philippe Néricault dit Destouches (Le Philosophe marié, acte 2, sc. 4 (Mélite), 1727)
Est-ce que, par hasard, on m’aurait changée au cours de la nuit ? Réfléchissons : étais-je identique à moi-même lorsque je me suis levée ce matin ? Je crois bien me rappeler m’être sentie un peu différente de l’Alice d’hier. Mais, si je ne suis pas la même, il faut se demander alors qui je peux bien être ? Ah, c’est là le grand problème !
Lewis Carroll (Les Aventures d’Alice au Pays des Merveilles, trad. Henri Parisot, p.97, Aubier-Flammarion Bilingue, n°32)
Je ne sais pas ce que je dis… Je ne sais pas ce que je sais… Je ne dis plus ce que je veux…
Maurice Maeterlinck (Pelléas et Mélisande, p.64, Éd. Fasquelle)