Du moment qu’on raisonne, on est perdu. Dès qu’on examine une loi, on en viole le mystère. Il faut obéir sans discuter aux ordres des Puissances supérieures, si l’on ne veut se trouver un beau jour, seul, égaré dans ce pays terrible de la liberté, où l’on ne peut plus compter que sur soi-même, c’est-à-dire un peu sur le démon. Car alors on passe le pont, on le franchit fatalement […]
Henri Bosco (L’ ne Culotte, p.39, Folio n°337, 1978)
Car l’esprit n’est pas comme un vase qu’il ne faille que remplir. À la façon du bois, il a plutôt besoin d’un aliment qui l’échauffe, qui fait naître en lui une impulsion inventive et l’entraîne avidement en direction de la vérité.
Plutarque (Comment écouter, Rivage poche #150, trad. Pierre Maréchaux, p. 67)
Il ne sait rien des femmes. Il ne sait pas qu’elles peuvent faire leur maison dans la main de l’homme, pour peu qu’elle leur soit tendue. Il ne sait pas qu’elles sont capables de marcher jusqu’au bout du monde pour un regard qui les fasse vivre. Il ne sait pas qu’elles savent attendre comme aucune bête ne le peut. Les épousées, les abandonnées attendent, les filles de bordel, les saintes attendent. Les hommes vont, les femmes attendent. Jusqu’au fond des fonds de l’espérance elles attendent. Jusqu’à la haine même. Et quand la haine vient aux femmes, que Dieu protège ceux qui les ont bafouées.
Henri Gougaud (L’homme à la vie inexplicable, p.155, coll. Points P305)
When you have wisdom that another person knows that he needs, you give it freely. But when the other person doesn’t know that he needs your wisdom, you keep it to yourself.
En traduction libre:
Donnez librement votre sagesse à la personne qui sait qu’elle en a besoin. Mais gardez-la pour vous si cette personne ignore avoir besoin de vos conseils.
Orson Scott Card (Xenocide, p.396, Tor 1991)
Qu’avons-nous d’autres que nos enfants pour nous racheter, dis-moi ?
Marie-Claire Blais (Le Disparu in Fièvre et autres textes dramatiques, p.72, Éditions du jour, 1974)