Est-il contre la raison ou la justice de s’aimer soi-même ? Et pourquoi voulons-nous que l’amour-propre soit toujours un vice ?
Vauvenargues (Réflexions et maximes, in Oeuvres, Garnier-Flammarion n° 336, p.229)
Ce qui me paraît bizarre […] c’est que les gens accordent tant d’attention à la vie et si peu à la mort. Voulez-vous me dire pourquoi tous ces savants à grosse tête n’arrêtent pas de se décarcasser pour essayer de prolonger la vie au lieu de chercher des moyens agréables pour la finir ? Il doit y avoir dans le monde une tripotée de gens comme moi, qui ont envie de mourir, mais qui n’en ont pas le courage.
Horace McCoy (On achève bien les chevaux, trad. Marcel Duhamel, p.26, Folio n°962)
Relève même le cheval de ton ennemi mortel qui est tombé sur la route. Il est bien doux d’acquérir un ami sincère dans la personne de son ennemi.
Phocylide (Sentences [69], trad. Levesque, p.512, in Moralistes Anciens, Paris, 1840)
Apprends les rites du pardon si tu veux vivre en harmonie avec tes frères. La cérémonie du pardon demande un renouvellement de chaque chose. Le premier jour est consacré à l’oubli du passé. Le second jour, lève-toi avant le lever du soleil et assiste à la naissance de la lumière comme à la naissance d’un monde nouveau. Unis-toi à cette lumière en éprouvant des pensées d’amour pour tes amis et tes ennemis. Il n’est pas nécessaire de consacrer une vie entière à se connaître soi-même. Deux jours suffisent pour changer ton regard et purifier ton coeur.
Jean-Paul Bourre (Préceptes de vie issus de la sagesse amérindienne, p.42, Points/Sagesses n°Sa174)
Ne va pas t’imaginer qu’un homme ne se soucie pas du sort d’une de ses chèvres parce qu’il en possède un millier […]. S’il en possède un millier c’est parce qu’il se soucie plus de ses chèvres que du sort des membres de sa famille. En d’autres termes, ne t’attends pas à ce que les riches se montrent généreux.
Tony Hillerman (Le peuple de l’ombre, trad. Jane Fillion, p.93, Folio -sans numéro de série- 1994)