[…] un aéroport n’existe pas en soi. Ce n’est qu’un lieu de passage, un sas, une fragile façade au milieu d’une plaine, un belvédère ceint de pistes où bondissent des lapins à l’haleine chargée de kérosène, une plaque tournante infestée de courants d’air qui charrient une grande variété de corpuscules aux innombrables origines – grains de sable de tous les déserts, paillettes d’or et de mica de tous les fleuves, poussières volcaniques ou radioactives, pollens et virus, cendre de cigare et poudre de riz.
Jean Echenoz (Je m’en vais, p.10, Les Éditions de Minuit, n°17, 1999)
[…] à lire des livres de médecine, on se persuade toujours d’éprouver les douleurs dont ils parlent.
Umberto Eco (Le nom de la Rose, trad. Jean-Noël Schifano, p.329 Éd. France Loisirs)
Quand tu parles de ton ennemi, songe qu’un jour, peut-être, tu deviendras son ami.
Périandre (Moralistes anciens, p.534, choix de Louis Aimé-Martin, Lefèvre et Chapentier, Paris, 1844)
Quelques charmes d’abord que la vengeance étale,
Songez qu’à ses auteurs elle est toujours fatale;
Et qu’en proie au remords qui suit ses noirs effets,
Souvent les mieux vengés sont les moins satisfaits.
Antoine de La Fosse (Manlius Capitolinus, acte 3, sc. 2 (Valérie), 1698)
La popularité peut suivre ceux qui se hâtent ; la gloire est à ceux qui savent attendre.
Louis Bouilhet (Fragment d’une lettre adressée à M. Frédéric Plessis cité par Gérard Walch dans Anthologie des Poètes Français Contemporains, Delagrave, 1906.)