[…] que voulez-vous, nous devons tous y passer et la nature est miséricordieuse, lorsqu’il n’y a plus rien à faire, tout ce qui vit, tout ce qui doit mourir sous peu, est frappé de terreur, c’est comme si les plombs avaient sauté, gens et animaux ne sentent plus rien, plus rien ne leur fait mal, cette peur baisse les mèches de la lampe, la vie n’est plus qu’un vacillement et la terreur la rend sourde et aveugle.
Bohumil Hrabal (La chevelure sacrifiée, trad. Claudia Ancelot, p.23, L’Imaginaire/Gallimard n°476)
Riez du mépris et des éloges de l’insensé : regardez sa vie entière comme un opprobre.
Démophile (Sentences (IX) dans Moralistes anciens, Lefèvre, Paris, 1840)
Dans la pensée d’un mathématicien, le plus précieux est ce moment solitaire de la première intuition.
Guillermo Martinez (Mathématique du crime, trad. Eduardo Jiménez
, p.144, Nil éditions, 2004)
Je saurai maîtriser mon destin et me rendre heureuse. Le bonheur est une combat d’encerclement, un jeu de go. Je tuerai la douleur en l’étreignant.
Shan Sa (La joueuse de go, p.135, Folio n°3805)
[…] en proportion de leur nombre, les Écossais et les Irlandais – les Celtes – fournissent plus d’artistes. Mais c’est peut-être que , leur pays étant plus pauvre, ils consacrent plus de temps à penser au lieu de gagner de l’argent.
Pierre Mille (dans la préface du livre de Chesterton Le club des métiers bizarres, éd. Gallimard)