On doit lire tous les écrivains deux fois, les bons et les mauvais. Les uns, on les reconnaîtra ; les autres, on les démasquera.
Karl Kraus (Aphorismes, trad. Roger Lewinter, p.16, Éd. Mille et une nuits, n°198)
Le vieillard est le voisin de la mort !
Yasunari Kawabata (Les belles endormies, trad. R. Sieffert, p.100, Livre de poche, coll. Biblio n°3008)
LES CRITIQUES. C’est une plaie que je n’ai jamais pu comprendre. Si j’étais grand chirurgien et qu’un monsieur qu n’a jamais manié un bistouri, qui n’est pas médecin, qui n’a pas mis une gouttière à la patte d’un chat, vienne m’expliquer les défauts de ma façon d’opérer, qu’est-ce qu’on en penserait ? Il en va de même pour la peinture. Ce qu’il y a d’extraordinaire, c’est que les gens ne se rendent pas compte que c’est la même chose et, alors qu’on se moque des prétentions du critique en chirurgie, on écoute ces charlatans avec un incroyable respect. On pourrait écouter avec un certain respect les jugements d’un critique à qui il serait arrivé de peindre, quand ce ne serait que des croûtes. Mais, même en ce cas, ce serait absurde, car comment peut-on trouver raisonnable qu’un peintre médiocre donne des conseils à un bon peintre ?
Ernesto Sabato (Le tunnel, trad. Michel Bibard, p.20, Éd. du Seuil, 1978)
Rien n’est si dangereux que trop d’impatience.
Il faut que la valeur se joigne à la prudence.
François-Joseph Lagrange-Chancel (Amasis, acte 1, sc. 1 (Phanès), 1701)
Dans les débuts d’une aventure, la bouffe prépare la baise ; sur la fin elle la remplace.
Fréderic Dard (Les pensées de San-Antonio, p.12, Éd. Pocket n°10342, 1996)