L’amour a besoin de réalité. Aimer à travers une apparence corporelle un être imaginaire, quoi de plus atroce, le jour où l’on s’en aperçoit ? Bien plus atroce que la mort, car la mort n’empêche pas l’aimé d’avoir été.
Simone Weil (La pesanteur et la grâce, p.77, Pocket-Agora n°99)
Apprendre à vivre avec l’incertitude pour conserver notre liberté de penser et d’agir, voilà vraisemblablement le défi que, nous, hommes et femmes du troisième millénaire, avons à relever : des hommes et des femmes à qui l’immense essor de la technologie et de l’industrialisation a fait oublier que, dans le meilleur des cas, nos certitudes ne peuvent être que provisoires, et que l’exposition au risque appartient à la condition humaine.
Marie de Solemne (Le mal d’incertitude, p.14, Éd. Dervy, 2002)
Un monde régi par les médias. La culture du commérage.
David Lodge (Les quatre vérités, trad. Suzanne V. Mayoux, p.24, Rivages, 2000)
Le monde est plein d’engrenages qui manquent. […] mais il me semble à moi, au moins pour ce qui en est de notre globe, que la seule chose qui le fasse tourner sans accroc, c’est le fait qu’ici et là, manquent des engrenages.
Yukio Mishima (Dojoji, trad. Dominique Aury, p.26, in Dojoji et autres nouvelles, Folio n°3629)
[…] Laisse mon pauvre chien vivre
Pour que je puisse être pleuré.
Henry Murger (La ballade du désespéré in Les nuits d’hiver, p. 179, Michel Lévy frères, 1868)