L’être physique n’est pas immortel ; mais ses paroles peuvent le devenir, si elles partent de l’âme.
Augusta Amiel-Lapeyre (Pensées sauvages – 2e série, p.57, Desclée de Brouwer, 1930)
C’est assez doux, vous le verrez un jour, d’être l’ombre de soi-même. De se dire que les autres n’ont pas réussi à vous modifier.
Didier Van Cauwelaert (L’éducation d’une fée, p.161, Albin Michel, 2000)
J’ai un tout petit esprit, lent, paresseux. Je m’en sers vite, mais pas à la bonne vitesse, comme un film qui s’enraye. Il a de petits éclats, de petits sursauts, mais il perçoit peu et ne retient rien.
John Osborne (Témoignage irrecevable, trad. Jean-Louis Curtis, p.37, nrf-Gallimard coll. Théâtre du monde entier, 1968)
S’observer est dangereux – mais ne pas s’observer est ennuyeux.
Natalie Clifford-Barney (Éparpillements, p.75, Persona, 1982)
[…] cette chaudière, cette fournaise, ce gril qu’est la vie, ces milliards de sommations, d’incitations, de mises en garde, d’exaltations, de désespoirs, ce bain de contraintes qui n’en finit jamais, cette éternelle machine à produire, à broyer, à engloutir, à triompher des embûches, à recommencer encore et sans cesse, cette douce terreur qui veut régir chaque jour, chaque heure de ta mince existence !
Georges Perec (Un homme qui dort, p.42, Folio Plus n°44)