Citations quotidiennes du 06-08-2025

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Si je suis resté à travers tout révolté, lucide, éveillé, allergique au fric gagné au mépris de tout, c’est parce que j’ai toujours pensé à échapper au monotone laborieux de tous les jours. Que je ne suis jamais entré dans un bureau sans me demander comment m’en échapper. Que j’ai toujours refusé des boulots rentables, mais accaparants, au profit de travaux minables, mais peu obsédants. Parce que j’ai refusé toute forme de responsabilité dans le travail. Parce que j’ai toujours considéré mes patrons, même les plus humains – les paternalistes, les pires – comme des exploiteurs professionnels et des gardiens de taule à contrer. Et aussi et surtout, parce que le superflu m’a toujours paru le sel de la vie et que seuls les charmes de l’inutile peuvent vous aider à supporter les horreurs de l’indispensable quotidien.
Jacques Sternberg (Vivre en survivant, p.13, Éd. Tchou)

[…] la chance n’est-elle pas, parfois, la plus insolente des aristocraties ?

Étienne Rey (La Chance, p.53, Libairie Hachette (Coll. Notes et Maximes), 1928)

La science naît du jour où des erreurs, des échecs, des surprises désagréables, nous poussent à regarder le réel de plus près.
René Thom (Modèles mathématiques de la morphogénèse, Éd. 10|18 n° 887)

Mais qu’importe l’éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l’infini de la jouissance?
Charles Baudelaire (Le spleen de Paris, p.53 Garnier-Flammarion n° 136)

Dans la brume de printemps
le vol blanc
d’un insecte au nom inconnu

Yosa Buson (Haiku, trad. Corinne Atlan et Zéno Bianu, p.34, nrf, Poésie/Gallimard, 2002)

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