Citations quotidiennes du 08-02-2022

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Moi qui prends très au sérieux le fait d’écrire et encore plus celui de publier, moi qui ne peux me détacher d’un texte sans avoir scruté chaque mot, interrogé le moindre silence, l’idée que je doive traîner comme un boulet tous ces guillemets dont j’abuse, l’idée que chaque page sombre puisse alimenter les ténèbres, chaque virgule peser sur la balance cosmique, la vision de mes entournures boiteuses boitant derrière moi pour l’éternité, tout cela me remplit d’effroi.

Marité Villeneuve (Le cortège de Mozart, p.60, in Virages n°39, 2007)

Hé quoi! pour être heureux faut-il une couronne?
Joseph-François Duché (Absalon, acte 2, sc. 2 (Tharès), 1702)

Dieu merci, les échecs ne sont pas une science définitive, mais un être vivant qui se développe sans arrêt.

Reuben Fine (Les idées cachées dans les ouvertures d’échecs, trad. Denise Catozzi, p.17, Payot, 1972)

[…] bientôt il ne restera du monde que quelques mécanismes horlogers qui se dévideront jusqu’au silence. Alors effectivement la terre sera morte. Il n’y aura plus que le bruit des eaux, du vent, mais pour aucune oreille. Et je me dis que déjà nous en sommes là et que nous tous qui parlons, marchons, nous n’avons pas plus d’épaisseur que des images… des images, c’est cela avec lesquelles se distraient les dieux…
C. Faraggi (Le maître d’heure, p.127, Folio n° 990)

Soleil, fils du matin, tes premiers pas dans le ciel, l’éclat des rayons renaissent chaque jour au-dessus des montagnes, forment le plus doux des spectacles. À ton aspect les coteaux sourient, les vallées étincellent et les ruisseaux nuancés d’azur coulent plus joyeusement.
Ossian (Poèmes Gaéliques recueillis par James Mac-Pherson, p.393, trad. P. Christian, Librairie Hachette, 1872)

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