Je m’éblouis
d’infini
Giuseppe Ungaretti (Vie d’un homme, [Matin] p.80, nrf/Poésie/Éditions de Minuit-Gallimard, 1998)
C’est une belle application des sciences exactes que d’avoir su déterminer les dimensions de ce globe que nous habitons, et d’avoir fait de sa grandeur même le type invariable d’une mesure universelle , dont les subdivisions servent à arpenter nos champs, et les multiples pour évaluer les espaces célestes.
Jean-Baptiste Biot (Recueil d’observations géodésiques, p.V. Courcier, Paris, 1821)
[…] dès l’instant où l’on devient capable d’habiter le monde virtuel – qu’on invente avec nos récits – on peut très bien se haïr et désirer logiquement se tuer, pour l’idée qu’on se fait de l’autre et non pas pour la connaissance que l’on en a. À cet instant, on échappe aux mécanismes régulateurs de la nature et l’on devient complètement soumis au monde qu’on crée. Et c’est alors le plus moralement et le plus logiquement du monde, qu’on fabrique et constitue des génocides.
Boris Cyrulnik (Dialogue sur la nature humaine (avec E. Morin), p.27, Éd. de l’Aube, 2000)
On est indifférent à l’opinion de ceux que l’on méprise, non de ceux que l’on hait.
Eugène Marbeau (Remarques et Pensées, Société d’éditions littéraires et artistiques, Paris, 1901)
VINCENT : Les lilas s’en vont déjà !
JOHANNE : Je me demande pourquoi ils ne durent pas plus longtemps ?
VINCENT : Tout ce qui est beau est éphémère.
Marcel Dubé (Le temps des lilas, p.162 Leméac)