Citations quotidiennes du 10-11-2020

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Moi qui prends très au sérieux le fait d’écrire et encore plus celui de publier, moi qui ne peux me détacher d’un texte sans avoir scruté chaque mot, interrogé le moindre silence, l’idée que je doive traîner comme un boulet tous ces guillemets dont j’abuse, l’idée que chaque page sombre puisse alimenter les ténèbres, chaque virgule peser sur la balance cosmique, la vision de mes entournures boiteuses boitant derrière moi pour l’éternité, tout cela me remplit d’effroi.

Marité Villeneuve (Le cortège de Mozart, p.60, in Virages n°39, 2007)

Dans la soie ou sur la paille, quand un homme doit se révolter, il le fait toujours…

Marie-Claire Blais (Le Disparu in Fièvre et autres textes dramatiques, p.61, Éditions du jour, 1974)

Le contraire est toujours vrai.

Louis Scutenaire (Mes inscriptions (1943-1944), p.209, Éditions Labor, 1990)

En naissant nous pleurons, en vivant nous nous plaignons, en mourant nous souffrons ; qu’est-ce donc que la vie ? « C’est bâtir la mort », a dit Montaigne.

André-Ernest-Modeste Grétry (De la vérité in L’artiste, Beaux-arts et belles-lettres, 4e série, T.2, p.117, Aux Bureaux de l’Artiste, 1844)

Je m’intéresse peu aux gens. J’ai toujours été ainsi, et je ne changerai pas. J’ai mes raisons. Je n’ai jamais rencontré d’homme ne serait-ce qu’à moitié aussi sincère qu’un chien. Traitez dignement un chien, et il se montrera digne de vous, vous tiendra compagnie, sera un ami dévoué, et ne vous posera jamais de questions. Les chats sont différents, mais je ne leur en tiens pas rigueur.

Annie Barrows (Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates (coauteur : Mary Ann Shaffer), trad. Aline Azoulay-Pacvon
, p.211, NiL éditions, 2009)

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