Les sots et les fripons se partagent le monde.
François de Neufchâteau (Paméla, acte 2, sc. 12 (Ernold), 1795)
Quand on était lent, on était capable de beaucoup de choses, mais on avait besoin de bons amis.
Sten Nadolny (La découverte de la lenteur, trad. Jean-Marie Argelès, p.111, Grasset/Les Cahiers Rouges n°261)
Moi qui prends très au sérieux le fait d’écrire et encore plus celui de publier, moi qui ne peux me détacher d’un texte sans avoir scruté chaque mot, interrogé le moindre silence, l’idée que je doive traîner comme un boulet tous ces guillemets dont j’abuse, l’idée que chaque page sombre puisse alimenter les ténèbres, chaque virgule peser sur la balance cosmique, la vision de mes entournures boiteuses boitant derrière moi pour l’éternité, tout cela me remplit d’effroi.
Marité Villeneuve (Le cortège de Mozart, p.60, in Virages n°39, 2007)
Pourquoi appelons-nous les avares misérables ? À eux les voluptés toujours nouvelles ; à eux la seule ancre et le seul câble qui retiennent fortement tous les autres plaisirs petits et grands !
Georges Gordon, dit Lord Byron (Don Juan in Oeuvres complètes, p.713, trad. Benjamin Laroche, Paris, 1838)
Je ne suis pas une chose qui remercie de s’être transformée en une autre chose. Je suis une femme, je suis une personne, je suis une attention, je suis un corps qui regarde par la fenêtre. Tout comme la pluie n’est pas reconnaissante de ne pas être une pierre. Elle est une pluie. C’est peut-être cela qu’on pourrait appeler être vivant. Rien de plus que cela, mais cela : vivant. Et vivant d’une simple joie douce.
Clarice Lispector (Où étais-tu pendant la nuit ?, trad. G. Liebrich et N. Biro, p.151, Éd. des femmes, 1985)