[…] le silence est l’âme d’une conversation, sa soeur, son ciel, son au-delà, sa promenade, son souffle, son mystère, l’enthousiasme me rend élégiaque, son soupir, sa défaite autant que sa victoire.
Lydie Salvayre (La conférence de Cintegabelle, p.41, Points/Seuil n° P 726)
Une femme qu’on laisse seule n’est plus rien.
Eschyle (Les Suppliantes, trad. Émile Chambry, p.33, Éd. Garnier-Flammarion n°8)
[…] Un amant couronné n’est jamais malheureux.
Alexis Piron (Gustave, acte 1, sc. 1 (Rodolphe), 1733)
[…] les gens ont peur de leur propre époque mais en même temps ils la désirent, et ne veulent pas en être dépossédés.
Alessandro Baricco (L’âme de Hegel et les vaches du Wisconsin, trad. Françoise Brun, p.104, Albin Michel 1998)
Comment peut-on voir cette beauté de l’âme bonne ? Reviens en toi-même et regarde : si tu ne vois pas encore la beauté en toi, fais comme le sculpteur d’une statue qui doit devenir belle ; il enlève une partie, il gratte, il polit, il essuie jusqu’à ce qu’il dégage de belles lignes dans le marbre ; comme lui, enlève le superflu, redresse ce qui est oblique, nettoie ce qui est sombre pour le rendre brillant, et ne cesse pas de sculpter ta propre statue, jusqu’à ce que l’éclat divin de la vertu se manifeste, jusqu’à ce que tu voies la tempérance siégeant sur un trône sacré. Es-tu devenu cela ? Est-ce que tu vois cela ? Est-ce que tu as avec toi-même un commerce pur, sans aucun obstacle à ton unification, sans que rien d’autre soit mélangé intérieurement avec toi-même ? Es-tu tout entier une lumière véritable, non pas une lumière de dimension ou de forme mesurables qui peut diminuer ou augmenter indéfiniment de grandeur, mais une lumière absolument sans mesure, parce qu’elle est supérieure à toute mesure et à toute quantité ? Te vois-tu dans cet état ? Tu es alors devenu une vision ; aie confiance en toi ; même en restant ici, tu as monté ; et tu n’as pas plus besoin de guide ; fixe ton regard et vois.
Plotin (Ennéades, I, VI, cité par Dominique Doucet dans Ne cesse pas de sculpter ta propre statue, trad. Émile Bréhier, p.9, Pleins Feux coll. Variations, 2005)