RHÉOU : Le jour ne succède pas à la nuit ; entre eux, il y a l’aurore.
SATNI : Je veux le jour, la pleine lumière ! Tout de suite ! Pour tous !… C’est un crime de les laisser une heure de plus dans l’espérance trompeuse d’une vie meilleure. C’est les voler ! C’est promettre à leur peine un salaire dont nous savons qu’il ne leur sera jamais payé !
RHÉOU : Ils sont si misérables…
SATNI : La vérité n’est-elle bonne que pour les riches ?
Eugène Brieux (La Foi (Acte II, scène 8), in Théâtre complet de Brieux, vol. 8, p.71, Librairie Stock, 1928.)
Si la névrose est une façon de désigner des problèmes créés par une société de discipline, d’interdits, de conformité, etc., la dépression, elle, est une manière d’exprimer les difficultés engendrées par une société de choix total, de performances individuelles, d’actions et d’initiatives individuelles.
Si la question de la névrose est celle du désir (c’est ce que nous enseigne la psychanalyse), la question de la dépression est celle de la valeur : suis-je à la hauteur ? qu’est-ce que je vaux ?
Alain Ehrenberg (Le mal d’incertitude (Marie de Solemne), p.35, Éd. Dervy, 2002)
On ne devrait jamais perdre de vue que la femme et l’homme sont faits pour vivre ensemble un jour sur deux au bord de la mer.
Jean Louvet (À bientôt monsieur Lang, p.63, Seuil, 1970)
L’histoire ne tolère aucun intrus, elle choisit elle-même ses héros et rejette sans pitié les êtres qu’elle n’a pas élus, si grande soit la peine qu’ils se sont donnée.
Stefan Zweig (Histoire d’une déchéance, trad. Hélène Denis, p.51, in Un mariage à Lyon, Livre de Poche n° 13893)
On a les aveuglements qu’on mérite…
Robert Ménard (Préface à «Rien n’est sacré, tout peut se dire» de R. Vaneigem, p.7, Éd. La Découverte, 2003)