Vraiment, cette vie est une tempête, une bataille, et qui ose mourir pour échapper à leurs angoisses me semble aussi vaillant que celui qui ose se pendre de peur d’être envoyé au front.
John Donne (Paradoxes et problèmes, trad. Pierre Alferi, p.19, Allia, 2011)
[…] mourir, c’est une besogne.
Yves Thériault (Le Marcheur, p.46, Éd. SYT)
En vérité, on acquiert une dignité et un rang particuliers en se rapprochant des frontières du royaume de la mort; il semble que le chuchotement des habitants de ce pays atteint l’oreille penchée de leur côté. Aussi les mystérieux sages de la terre écoutent-ils en silence, comme des disciples et de pieux enfants, les inspirations exhalées par des lèvres mourantes.
Fredrika Bremer (Le Foyer Domestique, trad. Mlle. R. du Puget, p.325, Paris, 1862)
Je suis prêt à voir Dieu partout où il n’y a pas un prêtre qui me le cache.
Maurice Chapelan (Amours amour, p.141, Grasset, 1967)
L’homme est une légende dont le sens s’est perdu. Mais le sens est toujours là, déposé au creux du langage, dans les récits que nous murmurons la nuit quand le sommeil nous fuit.
Olivier Cohen (Pour saluer Raymond Carver, in Les trois roses jaunes, Folio n° 2138, p.185)