Ce qui est visible ouvre nos regards sur l’invisible.
Anaxagore (Les penseurs grecs avant Socrate, trad. Jean Voilquin, p.150, Garnier-Flammarion n° 31)
La bravoure ne suffit pas. La loyauté et l’obéissance passent avant.
George Orwell (La ferme des animaux, Chap. 5, Édition Bibliothèque-Virtuelle, 1945)
C’est une chose bien étrange que les pensées. Elles ne sont souvent rien de plus que des accidents qui disparaissent sans laisser de traces, elles ont leurs temps morts et leurs saisons florissantes. On peut faire une découverte géniale et la voir néanmoins se faner lentement dans vos mains, telle une fleur. La forme en demeure, mais elle n’a plus ni couleur, ni parfum. C’est-à-dire que l’on a beau s’en souvenir mot pour mot, que sa valeur logique peut bien être intacte, elle ne rôde plus qu’à la surface de notre être, au hasard, et sans nous enrichir. Jusqu’à ce que revienne soudain – quelques années plus tard peut-être – un moment où nous prenons conscience que dans l’intervalle, même si notre logique a paru en tenir compte, nous avons complètement négligé sa présence.
Robert Musil (Les désarrois de l’élève Törless, trad. Philippe Jaccottet, p.231, Points R 14)
Veux-tu éprouver la finesse de l’or ? Frotte-le sur la pierre de touche. La force d’un boeuf ? Charge-le. Le naturel d’un homme ? Écoute-le. La pensée d’une femme ? Point de moyen.
Proverbes indiens (Quelque six mille proverbes (par le P. Ch. Cahier), p.130, Lanier et Cie, 1856)
La liberté est un bien précieux, mais il faut avoir un petit capital d’exploitation pour le cultiver.
Tristan Bernard (Le fardeau de la preuve, p.60 , in Théâtre complet 1, Calmann-Lévy, 1925)