[…] nous devons toujours tendre vers la raison, mais raisonner ne suppose plus uniquement déduire mécaniquement des conséquences à partir d’axiomes généraux. Raisonner implique de discuter et d’échanger avec les autres, d’utiliser des intuitions, de faire émerger un consensus.
Gregory Chaitin (Complexité, logique et hasard, p.284, in La Complexité, vertiges et promesses, Le Pommier/Poche, 2006)
Il existe une analogie théorique, en effet, entre les mathématiques et la criminalistique : […] nous nous livrons l’un et l’autre à des conjectures.
Guillermo Martinez (Mathématique du crime, trad. Eduardo Jiménez
, p.128, Nil éditions, 2004)
L’expérience prouve que les livres les plus sérieux se réduisent, quand on les analyse, à quelques citations de quelques phrases.
Edmond Lablénie (Montaigne auteur de maximes (Au lecteur), p.5, Société d’édition d’enseignement supérieur, 1968)
Les malheureux n’ont que faire de la vie !
Félix Lope de Vega (La Jolie Fille de Séville, acte 1, sc. 19 [Don Juan] in Les chefs-d’oeuvre du théâtre espagnol ancien et moderne, tome 1, p.266, trad. Clément Rochel, Garnier-Frères, 1900)
J’entendais, au jardin du Luxembourg, le colloque suivant entre trois marmots :
PREMIER ENFANT.
Du soleil ou de la lune, lequel est le plus utile au monde ?
DEUXIÈME ENFANT.
C’est le soleil, puisqu’il l’éclaire davantage.
TROISIÈME ENFANT.
C’est la lune, puisqu’elle l’éclaire pendant la nuit, et qu’il n’a pas besoin d’être éclairé pendant le jour.
PREMIER ENFANT.
Il n’y a rien à répondre à cela : la lune est plus utile au monde que le soleil.
Vous voilà bien, esprits à la fois exacts et bornés, tirant les conséquences les plus rationnelles des idées les plus fausses ; esprits justes, en un mot, si respectés des sots, et qui, à ce titre apparemment, savez toujours vous respecter ! On vous a dit que deux et deux font cinq : vous en concluez gravement que deux et trois font six.
Charles Lemesle (Misophilanthropopanutopies ou Tablettes d’un sceptique in L’artiste, 4e série, T.1, p.182, 1844)