Rôdant, triste et solitaire
Dans la forêt du mystère,
J’ai crié le coeur très las :
« La vie est triste ici-bas ! »
L’Écho m’a répondu : « Bah ! »
– « Écho, la vie est méchante ! »
Et, d’une voix bien touchante,
L’Écho m’a répondu : « Chante ! »
– « Écho, Écho des grands bois,
Lourde, trop lourde est ma croix ! »
L’Écho m’a répondu : « Crois ! »
– « La haine en moi va germer,
Dois-je rire ou blasphémer ? »
Et l’Écho m’a dit : « Aimer ! »
Comme l’Écho des grands bois
M’a conseillé de le faire :
J’aime, je chante et je crois !
Et je suis heureux sur terre !
Théodore Botrel (L’Écho, in Les Chansons de Jean-qui-chante, ed. J. Rueff, 1907.)
La guerre excuse tous les égarements humains, y compris ceux des vieux.
Philip K. Dick (En attendant l’année dernière,p. 7, Livre de Poche n° 7000)
C’est [un orgue de Barbarie] de la mécanique avec des émotions à l’intérieur.
Mathias Malzieu (La Mécanique du Coeur, p.26, J’ai lu n°8898, 2007)
Ah ! que les hommes sont méchants de ne pas m’aimer autant que je m’aime !
Tristan Bernard (Le fardeau de la preuve, p.42 , in Théâtre complet, 1 Calmann-Lévy, 1925)
Unissez-vous avec respect, et aussi profondément que vous le pouvez, à vos pensées les plus élevées. Chaque pensée accueillie et notée est comme l’oeuf dans un nid : d’autres seront déposées à côté. Les pensées jetées ensemble au hasard forment un cadre où d’autres choses seront notées et décrites. Peut-être est-ce là l’intérêt principal de l’habitude d’écrire, de tenir un journal ; nous nous souvenons de nos meilleures pensées et nous nous entraînons. Mes pensées forment ma société. Elles ont une individualité, une existence séparée, une personnalité. Si, par hasard, j’ai noté quelques pensées sans lien et que je les réunisse, elles m’ouvrent tout un nouveau champ, où il est possible de labourer et de réfléchir. La pensée engendre la pensée.
Henry David Thoreau (Journal, trad. R. Michaud et S. David, p.89, Mercure de France, 2002 )