[…] personne ne remarque plus comment n’importe quel choix intellectuel, politique ou moral est aujourd’hui contrebalancé par son antidote. Il semble même devenu naturel que le moralisme réponde au laxisme, l’intégrisme au multiculturalisme, le muséisme au modernisme, la dévotion au cynisme, le sectarisme au centrisme, le fétichisme à l’indifférence, la recherche du hard à la sensation cool, le souci de sécurité au goût du risque… Avec pour nouveauté que ces antagonismes en arrivent à coexister non seulement dans un même groupe mais chez un même individu, au gré de cette rationalité de l’incohérence que nous sommes en train de faire nôtre, sans que quiconque y reconnaisse la raison même du monde « connexionniste ».
Annie Le Brun (Du trop de réalité, p.149, Gallimard/Folio Essais n°444, 2004)
La science unit les peuples ! L’évêque de Rome m’a dit un jour : « vous, scientifiques, avez réussi là où nous, catholiques, avons échoué. »
Ilya Prigogine (La fin des certitudes, p.51, in La Complexité, vertiges et promesses, Le Pommier/Poche, 2006)
C’est la même chose que penser et être.
Parménide (Les penseurs grecs avant Socrate, trad. Jean Voilquin, p.94, Garnier-Flammarion n° 31)
Dans les grandes choses, les hommes se montrent comme il leur convient de se montrer ; dans les petites, ils se montrent comme ils sont.
Sébastien Chamfort (Maximes et pensées, p.35, Livre de Poche n°2782)
Nul chemin n’est honteux quand il mène à la gloire.
Louis Poinsinet (Briséis, acte 2, sc. 2 (Ulysse), 1759)