Auparavant, avec la biologie, si l’information mourait, alors l’organisme mourait. Avec la culture, l’information peut mourir sans faire disparaître l’organisme. Et je crois que c’est l’une des raisons pour lesquelles la culture a pris une place si importante ; vous pouvez y explorer un espace de variantes d’information déterminant les comportements, et vous pouvez aussi développer des règles à partir de comportements sans avoir à détruire les organismes porteurs de ces comportements. C’est donc une manière beaucoup plus efficiente d’évoluer en évaluant l’espace déterminant les comportements – il y a là une sorte de génétique appliquée à la culture.
Christofer Langton (Les « bio-logiques », ou tout ce pourrait être, p.149, in La Complexité, vertiges et promesses, Le Pommier/Poche, 2006)
Dans chaque église, il y a toujours quelque chose qui cloche.
Jacques Prévert (Fatras, Livre de Poche n° 3253, p.12)
Ô misérable avortement des principes révolutionnaires de la bourgeoisie ! ô lugubre présent de son dieu Progrès ! Les philanthropes acclament bienfaiteurs de l’humanité ceux qui, pour s’enrichir en fainéantant, donnent du travail aux pauvres ; mieux vaudrait semer la peste, empoisonner les sources que d’ériger une fabrique au milieu d’une population rustique. Introduisez le travail de fabrique, et adieu joie, santé, liberté ; adieu tout ce qui fait la vie belle et digne d’être vécue.
Paul Lafargue (Le droit à la paresse, p.22, Mille et une nuits, n°30)
La croyance est un moyen de connaissance. Le héros découvre à tous une réalité qui ne se montre que parce qu’elle est pensée par lui. L’imagination du héros fait exister ce qui est.
Pierre Vadeboncoeur (L’humanité improvisée, p.129, Éd. Bellarmin, 2000)
Mais les étudiants en science acceptent les théories à cause de l’autorité de leur professeur et des manuels, et non à cause des preuves. Que pourraient-ils faire d’autre étant donné leurs compétences ? Les applications décrites dans les manuels ne sont pas là pour servir de preuves mais parce que leur connaissance fait partie de la connaissance du paradigme, fondement du travail habituel.
Thomas S. Kuhn (La structure des révolutions scientifiques, trad. Laure Meyer
, p.118, Champs/Flammarion n°115)