[…] La douceur
Peut, ainsi que la gloire, habiter un grand coeur.
Prosper Jolyot de Crébillon (le Triumvirat, acte 1, sc. 4 (Cicéron), 1754)
Celui qui dompte le lion, devient l’esclave du lion. Ce qu’il faut, c’est faire du feu entre lui et toi.
René Char (Le soleil des eaux in Trois coups sous les arbres, p.161, Gallimard/nrf, 1967)
Moi qui prends très au sérieux le fait d’écrire et encore plus celui de publier, moi qui ne peux me détacher d’un texte sans avoir scruté chaque mot, interrogé le moindre silence, l’idée que je doive traîner comme un boulet tous ces guillemets dont j’abuse, l’idée que chaque page sombre puisse alimenter les ténèbres, chaque virgule peser sur la balance cosmique, la vision de mes entournures boiteuses boitant derrière moi pour l’éternité, tout cela me remplit d’effroi.
Marité Villeneuve (Le cortège de Mozart, p.60, in Virages n°39, 2007)
Nous croyons parfois que les gens sont de billets de loterie : qu’ils sont là pour transformer en réalité nos absurdes illusions.
Carlos Ruiz Zafón (L’ombre du vent, trad. François Maspero
, p.388, Grasset, 2004)
Dans le monde, vous êtes sujet aux caprices de chaque extravagant : dans votre bibliothèque. vous soumettez les hommes célèbres aux vôtres.
Laurence Sterne (Pensées diverses in Oeuvres Complètes, trad. par une société de gens de lettres, p. 229, ed. Salmon, 1825)