Si la névrose est une façon de désigner des problèmes créés par une société de discipline, d’interdits, de conformité, etc., la dépression, elle, est une manière d’exprimer les difficultés engendrées par une société de choix total, de performances individuelles, d’actions et d’initiatives individuelles.
Si la question de la névrose est celle du désir (c’est ce que nous enseigne la psychanalyse), la question de la dépression est celle de la valeur : suis-je à la hauteur ? qu’est-ce que je vaux ?
Alain Ehrenberg (Le mal d’incertitude (Marie de Solemne), p.35, Éd. Dervy, 2002)
La liberté absolue serait insupportable parce qu’elle exigerait de tous les instants et qu’elle impliquerait un réexamen constant de tous nos désirs et activités.
René Dubos (Les dieux de l’écologie)
L’oubli et la mémoire sont également inventifs.
Jorge Luis Borges (Le rapport de Brodie, trad. Pierre Baillargeon, p.102, Folio n° 1588)
Rôdant, triste et solitaire
Dans la forêt du mystère,
J’ai crié le coeur très las :
« La vie est triste ici-bas ! »
L’Écho m’a répondu : « Bah ! »
– « Écho, la vie est méchante ! »
Et, d’une voix bien touchante,
L’Écho m’a répondu : « Chante ! »
– « Écho, Écho des grands bois,
Lourde, trop lourde est ma croix ! »
L’Écho m’a répondu : « Crois ! »
– « La haine en moi va germer,
Dois-je rire ou blasphémer ? »
Et l’Écho m’a dit : « Aimer ! »
Comme l’Écho des grands bois
M’a conseillé de le faire :
J’aime, je chante et je crois !
Et je suis heureux sur terre !
Théodore Botrel (L’Écho, in Les Chansons de Jean-qui-chante, ed. J. Rueff, 1907.)
L’adulation s’attache toujours à l’ambition ; car c’est de toutes les passions, celle à qui la flatterie fait le plus de plaisir.
Oliver Goldsmith (Le Ministre de Wakefield, p.32, trad. ?, Pissot, Paris, 1785)