Habitue-toi à ce que tu repousses.
Marc-Aurèle (Pensées pour moi-même, trad. Frédérique Vervliet, p.178, Éd. Arléa n° 9)
Valère : Est-ce ainsi qu’un valet doit servir ?
Crispin : Parbleu ! monsieur, je vous sers comme vous me payez. Il me semble que l’un n’a pas plus de sujet de se plaindre que l’autre.
Alain René Lesage (Crispin rival de son maître, p.115, in Le Théâtre Choisi du XVIIIe siècle, tome 1, Librairie Garnier Frères)
Les mots sont des armes de jet et des armes d’hast, ils ont l’air innocents quand on les dit, aussitôt lancés, ils s’aiguisent comme des dards et vont cribler de traits l’interlocuteur.
Juan Manuel De Prada (La tempête, trad. Gabriel Laculli, p.215, Points, P 946)
(Montrant son front). Nous avons tous là un petit temple où nous abritons religieusement toutes nos idoles, croyances, rêves, affections. Elles sont là, debout, en équilibre, chacune sur son piédestal… Fiers de ce doux fardeau, nous marchons dans la vie comme ces mouleurs italiens qui traversent les rues, des plâtres dans les mains, sous chaque bras, sur la tête… Hélas ! un caillou sous le pied, le coude d’un passant, un rien suffit pour mettre en pièces tous ces beaux petits dieux ! Rarement, le pauvre mouleur rentre chez lui son étalage au complet ; plus rarement encore nous arrivons au terme de notre vie avec toutes nos idoles.
Alphonse Daudet (La dernière idole, p.5, in Théâtre 1, Éd. Librairie de France, 1930)
À celui qu’elle aime, toute femme écrit la lettre qu’elle voudrait recevoir.
Marcelle Auclair (L’Amour, p.24, Hachette/notes et maximes, 1963)