[…] la vérité absolument exacte paraît toujours fantastique.
Gilbert Keith Chesterton (Curieuse affaire de l’agent de location, trad. K. St Clair Gray, p.134 in Le club des métiers bizarres, Gallimard)
Les habitants du village veulent qu’un ébéniste complète dans les règles de l’art le Jésus invalide accroché dans la salle funéraire nouvellement construite, qui fut jadis retiré tout trempé d’un torrent, ils veulent qu’on recolle des bras sur son torse afin qu’il puisse, quand l’heure viendra, tendre la main vers le défunt et que, par-dessus les cornes pointues et les ailes du Diable déployées battant au-dessus de l’air brûlant de l’Enfer, il l’emporte au-delà de la mer de flammes et l’aide à gagner au plus vite la patrie céleste. Notre sacrifice est accompli, Grand Dieu, nous Vous remercions, à nous tous Vous avez accordé Votre Grâce.
Josef Winkler (Quand l’heure viendra (Excipit), trad. Bernard Banoun
, p.197, Verdier, 2000)
Quel amant offrit jamais au monde d’autres effets de son amour que des malheurs, des infortunes, des larmes, des anxiétés, des lamentations, des soupirs, des sanglots, qui résonnent sinistrement pour augmenter les plaintes et troubler les échos ?
Augustin Moreto (Dédain pour dédain, acte 1, sc. 8 [Diane] in Les chefs-d’oeuvre du théâtre espagnol ancien et moderne, tome 1, p. 517, trad. Clément Rochel, Garnier-Frères, 1900)
À moins d’être soutenues par une profonde conviction religieuse, les histoires de sacrifice laissent un goût amer.
Chantal Thomas (Comment supporter sa liberté, p.82, Rivages poche, n°297)
En général, les événements de l’existence enfantine ne laissent pas sur l’humanité, arrivée à l’âge mûr, une impression bien définie.
Edgar Allan Poe (Nouvelles histoires extraordinaires, Folio n° 564)