La haine sait attendre, préparer, réfléchir, prévenir ; c’est une science infernale aussi bien qu’une passion. Elle cuve comme le vin.
Anne Barratin (De Vous à Moi, p.57, A. Lemerre, 1892)
L’homme projette sur une paroi de rêve les fantômes formés par son esprit ; et il appelle cela le monde extérieur. Ainsi sommes-nous éternellement prisonniers de nous-mêmes. Enfermé dans une bulle de savon lisse et résistante, chacun de nous la décore d’une fantasmagorie d’image qu’il fabrique sans fin. Il ne voit jamais que ces images. Comme elles sont en perspective, il croit sa prison ouverte sur l’infini. Illusion pure : le mur est tout près. Et, comme des figures s’y meuvent, il croit voir des humains. Illusion encore : entre ces apparences, il est seul à jamais.
Henry Bidou (Journal des débats, cité dans La Petite Illustration, 1927, p.23)
[…] Aux héros
Le vulgaire envieux ne laisse aucun repos.
Pierre-Nicolas ANDRÉ, dit Murville (Abdélazis et Zuléima, acte 3, sc. 6 (Zuléima), 1791)
L’homme est plus léger que le vent ;
Gardons-nous de donner prétexte à l’inconstance.
Antoine-Pierre Dutramblay (Apologues, Zéphire et Flore, p. 141, 4e éd., Paris, 1818)
Il n’est jamais trop tard pour empêcher un crime.
Alexandre Soumet (Jeanne D’Arc, acte 4, sc. 6 (Le Duc de Bourgogne), 1825)