L’imprimerie est à l’écriture ce que l’écriture avait été aux hiéroglyphes : elle a fait faire un second pas à la pensée ; ce n’est vraiment qu’à l’époque de cette invention que l’art a pu dire à la nature : » Ton exubérance et tes destructions ne m’épouvantent plus. J’égalerai le nombre de livres au nombre des hommes, mes éditions à tes générations, et mes bibliothèques, semées sur toute la surface du globe, triompheront de l’ignorance des barbares et du temps. »
Antoine de Rivarol (Maximes, pensées et paradoxes, p.54, Le Livre Club du Libraire, 1962)
Comment nous attarder à des livres auxquels, sensiblement, l’auteur n’a pas été contraint ?
Georges Bataille (Le Bleu du Ciel (Avant-propos), p.11, 10|18 n°465)
Personne n’est d’accord avec l’image que donnent les autres de vous.
Henri Bouillier (Préface dans Journal de Jules Renard, p.i, Éd. Robert Laffont, coll. Bouquins.)
L’homme projette sur une paroi de rêve les fantômes formés par son esprit ; et il appelle cela le monde extérieur. Ainsi sommes-nous éternellement prisonniers de nous-mêmes. Enfermé dans une bulle de savon lisse et résistante, chacun de nous la décore d’une fantasmagorie d’image qu’il fabrique sans fin. Il ne voit jamais que ces images. Comme elles sont en perspective, il croit sa prison ouverte sur l’infini. Illusion pure : le mur est tout près. Et, comme des figures s’y meuvent, il croit voir des humains. Illusion encore : entre ces apparences, il est seul à jamais.
Henry Bidou (Journal des débats, cité dans La Petite Illustration, 1927, p.23)
Qu’est-ce que la liberté ? Une vieille idole en morceaux.
Marcel Azaïs (Le chemin des gardies, p.113, Nouvelle librairie nationale, 1926)