[…] le silence est le pire ennemi des couples.
Emmanuel Carrère (L’Adversaire, p.123, Folio n°3520)
Quand on lit en silence, seul l’auteur est en représentation. Quand on lit à haute voix, la représentation est affaire de collaboration. L’un des partenaires donne les mots, l’autre le rythme.
Anne Fadiman (Ex-libris, trad. Catherine Pierre
, p.163, Mille et une nuits, 2004)
Le fond du nihilisme contemporain, je le surmonte en disant que s’il n’existe pas de fondement de certitude à partir duquel on puisse développer une connaissance vraie, alors on peut développer une connaissance comme une symphonie. On ne peut pas parler de la connaissance comme d’une architecture avec une pierre de base sur laquelle on construirait une connaissance vraie, mais on peut lancer des thèmes qui vont s’entre-nouer d’eux-mêmes.
Edgar Morin (Le complexus, qui est tissé ensemble, p.25, in La Complexité, vertiges et promesses, Le Pommier/Poche, 2006)
Mon Dieu, qui que Vous soyez, celui de mon baptême ou un Autre, épargnez-moi l’amnésie générale, la perte de mon décor, de mon identité, le vide. C’est cela que je redoute la plus dans la mort, maintenant je le sais.
Didier Van Cauwelaert (La vie interdite, p.22, Livre de Poche n°14564)
La vérité, frappée d’un éclairage intolérant et d’une intensité partiale, devient mensonge.
Alexandre Arnoux (Bilan provisoire, p. 131, Albin Michel, 1955)