C’est un crime, souvent indigne de pardon,
Que d’avoir su trop tôt s’acquérir un grand nom.
François Belin (Mustapha et Zéangir, acte 3, sc. 2 (Acomat), 1705)
À l’égard des réputations de probité, il est étonnant qu’il n’y en ait pas plus d’établies, attendu la facilité avec laquelle on l’usurpe quelquefois. On ne voyait jadis que des hypocrites de vertu; on trouve aujourd’hui des hypocrites de vice. Des gens ayant remarqué qu’une vertu austère n’est pas toujours exempte d’un peu de dureté, parce qu’on est moins circonspect quand on est irréprochable, et qu’on s’observe moins quand on ne craint pas de se trahir; ces gens tirent parti de leur férocité naturelle, et souvent la portent à l’excès, pour établir la sévérité de leur vertu : leurs déclarations contre l’impudence sont des preuves continuelles de la leur. Qu’il y a de ces gens dont la dureté fait toute la vertu! L’étourderie est encore une preuve très équivoque de la franchise; on ne devrait se fier qu’à l’étourderie de ceux à qui elle est souvent préjudiciable.
Charles Pinot Duclos (Considérations sur les moeurs, p. 141, in Oeuvres complètes de Duclos, Vol.1, Delaunay, Paris, 1806)
L’homme dont je rêve sera celui qui aime en moi la femme qui ne dépend plus de lui. -Et qu’aimerez-vous en lui ? – Cette sorte-là d’amour.
Peter Handke (La femme gauchère, trad. Georges-Arthur Goldschmidt, p.64, Éd. Folio n°1192)
[…] la place d’un écrivain n’est pas sur un plateau de télévision. S’il écrit, c’est souvent faute de vouloir, de pouvoir, de savoir parler. L’oral est sa voie secondaire.
Annie François (Bouquiner, p.80, Ed. du Seuil, 2000)
Le crime prend souvent la voix de la vertu.
Jean-Baptiste Gresset (Édouard III, acte 2, sc. 8 (Volfax), 1740)