La lecture dissipe la sécheresse, active les facultés, déchrysalide l’intelligence et met en liberté l’imagination.
Antoine Albalat (L’art d’écrire, p. 31, Armand Colin 1992)
Nous connaissons à merveille le prix d’une maxime à propos amenée, et toute la valeur d’une pensée noble présentée sous la forme d’une sentence; mais nous savons aussi combien il est facile de déguiser la stérilité de l’imagination par l’emploi de ce moyen, l’absence d’idées grandes et justes par l’enflure des mots, et on ne saurait dire combien est fatigante cette redondance continuelle de paroles prétentieuses, et travaillées dans l’intention de couvrir le vide et l’absurde des pensées.
A. Delaforêst (Théâtre moderne: Cours de littérature dramatique, p.283, Allardin, 1836)
Le vrai sens critique ne consiste pas à se critiquer soi-même, mais à critiquer les autres: et la poutre que l’on a dans l’oeil, n’empêche nullement de voir la paille qui est dans celui de son voisin: dans ce cas, la poutre devient une longue-vue, très longue, qui grossit la paille d’une façon démesurée.
Érik Satie (Écrits réunis par Ornella Volta, Éditions Champ Libre, 1981, p. 79)
Elle faisait l’amour comme on se taille une tranche de pain. Tous ses mouvements avaient la précision d’une machine.
Albert Ehrenstein (Tubutsch, trad. Claude Riehl, p.35, Éd. Circé)
Puissé-je vivre dans un état où les citoyens craignent moins les lois que la honte !
Cléobule (de Lindos) (Moralistes anciens, p.533, choix de Louis Aimé-Martin, Lefèvre et Chapentier, Paris, 1844)