Le centrage de l’activité éducative sur l’éduqué n’a pas le même sens si l’on considère (avec Rousseau) que le développement naturel est le guide de l’éducation ou si l’on considère, inversement, que l’éducation est essentiellement une élévation culturelle. Dans le premier cas, l’enfant est d’autant mieux éduqué qu’il est plus éloigné du luxe, des arts et des sciences. Dans le deuxième, l’enfant est bien élevé parce qu’il devient plus raffiné. Faut-il mettre le développement naturel de l’enfant au centre de l’éducation, ou bien faut-il miser sur l’élévation de l’élève? Faut-il insister sur l’apprentissage et l’accompagnement de soi, ou sur l’enseignement et la transformation de soi? Nature ou Civilisation?
Pierre Billouet (Comment se peut-il qu’un enfant soit bien élevé par qui n’a pas été bien élevé lui-même (Rousseau), p.16, Pleins feux, coll. Variations, 2004)
Celui qui est sans argent manque de tout. Celui qui est sans lecture manque du manque.
Christian Bobin (Une petite robe de fête, coll. folio #2466, p. 11)
La plupart de nos semblables sont sous-alimentés et meurent prématurément. En gros, c’est cela, la condition sociale. La conscience de sa solitude recèle, pour l’homme, un piège moral : il est tentant de se complaire dans l’unicité de son propre drame et de se désintéresser des autres en les laissant mourir de faim dans leur coin.
Charles Percy Snow (Les deux cultures, trad. Claude Noël, p.19, J. J. Pauvert, 1968)
[…] Les plus hautes vertus, comme les plus hauts fonctionnaires, inspirent le respect aussi longtemps qu’ils demeurent inaccessibles.
Georges Elgozy (L’esprit des mots ou l’antidictionnaire (Avertissement), p.10, Denoël, 1981)
Il est embarrassant d’expliquer des réflexions : c’est comme si l’on se rétractait.
Elias Canetti (Le coeur secret de l’horloge, trad. Walter Weideli, p.12, Éd. Livre de Poche – Biblio n°3287)