Amant avec transport mais jaloux sans retour,
Sa haine va toujours plus loin que son amour.
Jean Racine (Mithridate, p.85 in Théâtre 2, Garnier-Flammarion, n° 37)
Celui qui n’a jamais lu et ne lit jamais est assurément un ignorant, sujet à dire des absurdités qui font qu’on se moque de lui. L’usage du monde, et les conversations même des gens d’esprit, ne mettent point un pareil homme à l’abri du ridicule. Mais aussi, qui n’a fait que lire et étudier, et n’a jamais fréquenté le monde et la bonne compagnie, devient un pédant lourd et impoli, et dit aussi des absurdités dans un autre genre. Car, de même que le monde n’apprend pas tout sans les livres, ainsi les livres ne sauraient suppléer à l’usage du monde.
René d’ Argenson (Mémoires du Marquis d’Argenson, p.407, Baudouin, Paris, 1825)
On peut considérer les mathématiques comme une sorte de catalogue de tous les motifs (pattern) possibles. Certains de ces motifs sont des nombres, d’autres sont des formes, etc. En ce sens, il est inévitable que le monde soit décrit par les mathématiques. Il faut qu’il y ait un motif dans le monde pour que nous puissions exister. Mais le grand mystère est de savoir pourquoi des motifs si simples sont-ils si utiles et si puissants ? Pourquoi autant d’information sur le monde peut-elle être aussi drastiquement compressée en de si petites formules mathématiques ?
John Barrow (De la science des limites et des limites de la science, p.309, in La Complexité, vertiges et promesses, Le Pommier/Poche, 2006)
La gloire est une maîtresse jalouse. Ou bien elle exige de tenir la place de toutes les maîtresses possibles, ou bien elle en suscite par douzaines […].
Jacques Audiberti (La fête noire, p.83, in Théâtre 2, Gallimard/nrf 1980)
[…] si le corps humain comportait vingt-cinq sexes au lieu d’un, il perdrait beaucoup de son pouvoir érotique. Ce qui fascine, ce sont les îlots.
Amélie Nothomb (Attentat, p.15, Livre de Poche n°14688)