Celui qui n’a jamais lu et ne lit jamais est assurément un ignorant, sujet à dire des absurdités qui font qu’on se moque de lui. L’usage du monde, et les conversations même des gens d’esprit, ne mettent point un pareil homme à l’abri du ridicule. Mais aussi, qui n’a fait que lire et étudier, et n’a jamais fréquenté le monde et la bonne compagnie, devient un pédant lourd et impoli, et dit aussi des absurdités dans un autre genre. Car, de même que le monde n’apprend pas tout sans les livres, ainsi les livres ne sauraient suppléer à l’usage du monde.
René d’ Argenson (Mémoires du Marquis d’Argenson, p.407, Baudouin, Paris, 1825)
Pour faire de la philosophie, il me semble, finalement, qu’il faut être à la fois ambitieux et très modeste. Très ambitieux, parce qu’on ne cesse pas de vouloir tout comprendre, tout résoudre, tout analyser. Et puis très modeste, parce qu’on ne doit jamais oublier que ce but n’est pas totalement accessible, que nos moyens sont limités, et que l’effort est sans fin.
Roger-Pol Droit (La philosophie expliquée à ma fille, p.85, Seuil, 2004)
L’homme travaille sans relâche à rendre ses dieux superflus. C’est un être qui mesure toute chose, un jour il pourra peut-être mesurer et contrôler l’espace et le temps à des échelles encore inconnues. Le surnaturel n’est qu’un jeu d’ombres dansant sur les restes de nos peurs d’enfant.
Henning Mankell (Profondeurs, trad. Rémi Cassaigne
, p.279, Seuil, 2008)
On a les aveuglements qu’on mérite…
Robert Ménard (Préface à «Rien n’est sacré, tout peut se dire» de R. Vaneigem, p.7, Éd. La Découverte, 2003)
Les soupirs sont comme les éclairs : ils annoncent la pluie.
Carlo Goldoni (Arlequin valet de deux maîtres, trad. Michel Arnaud, p.86, Éd. L’Arche)