Citations quotidiennes du 15-06-2025

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Un tout petit bonhomme de rien du tout, après une toute petite vie de rien du tout, peut finir par se retrouver aussi épuisé par son petit travail de rien du tout, que le président des États-Unis.
Arthur Miller (Mort d’un commis voyageur, trad. Jean-Claude Grumberg, p.48, Actes Sud)

Si les morts n’appartiennent pas au temps, ou à notre temps, y a-t-il, quand nous parlons d’eux, une différence précise entre était, est, et sera?
C.S. Lewis (Apprendre la mort, Éd. Cerf, trad. J. Prignaud et T. Radcliffe, p.40)

Rien de stable dans ce monde : aujourd’hui au sommet, demain au bas de la roue. De maudites circonstances nous mènent, et nous mènent fort mal.
Denis Diderot (Le neveu de Rameau, p.130, Livre de Poche Nos1653|1654)

Je ne lis jamais le journal. J’ai cessé de lire le journal il y a dix ans. Le jour où les Américains ont laissé tomber une bombe atomique sur la tête des Japonais. Après une bêtise semblable, j’ai résolu que le monde ne valait plus la peine que je m’intéresse à lui.
Marcel Dubé (Le temps des lilas, p.117, Leméac)

Je compris avec épouvante que ma vie entière avait consisté à attendre, toutes les formes de l’attente, et seulement à attendre dans une sorte de perpétuelle hémorragie, et que tout le temps qui me restait pour percevoir le présent ne pouvait plus se compter qu’en heures. Le contenu de ma vie m’apparut pareil à une bulle de savon qui éclatait devant moi. Je vous le déclare: quoi que nous fassions en ce bas monde engendre une nouvelle attente, un nouvel espoir. L’univers est imprégné du souffle pestilentiel qui s’exhale de la lente agonie d’un présent à peine né. Qui n’a jamais ressenti l’énervante faiblesse qui nous submerge dans le salon d’attente d’un médecin, d’un avocat, d’un fonctionnaire? C’est cela que nous appelons la vie: c’est le salon d’attente de la mort.
Gustav Meyrinck (Les sangsues du temps, Éd. Retz-Franco Maria Ricci, trad. Marcel Schneider, p.47)

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