La peur, c’est vrai, jamais ne dort.
Michael Connelly (Créance de sang, trad. Robert Pépin, p.415, Seuil Policier, 1999)
C’est ainsi qu’un enfant « sage » ou « bien élevé » ressemble avant tout à un petit animal bien dressé qui répète ce que nous lui avons appris. Là, nous aimons paraître comme tout le monde. Mais quand cela nous arrange, nous rêvons d’être uniques en notre genre. Nous serions fâchés si notre goût artistique, si notre génie littéraire étaient communs à tout le monde. Là, nous aimons que notre humanité soit seule face à l’univers entier. De moment que celui-ci nous admire !
Pierre-Yves Bourdil («L’homme est une passion inutile» (Sartre), p.32, Éd. Pleins Feux, coll. Variations, 2001)
Je savais très bien ce que c’était, un psychologue : un petit monsieur qui vous posait des questions, dans un français bizarre, dont vous compreniez les mots mais pas les phrases ; […].
Philippe Blasband (Max et Minnie, p.49, Éd. Gallimard/nrf, 1996)
[…] Aristote dans une page classique [de sa Métaphysique] :
Certains n’admettent qu’un langage mathématique ; d’autres ne veulent que des exemples ; d’autres encore qu’on recoure à l’autorité de quelque poète ; d’autres, enfin, exigent pour toutes choses une démonstration rigoureuse, tandis que d’autres jugent cette rigueur excessive, soit par impuissance à suivre la chaîne du raisonnement, soit par crainte de se perdre dans les futilités. Il y a en effet quelque chose de cela dans l’affectation de la rigueur. Aussi quelques-uns la regardent-ils comme indigne d’un homme libre, tant dans le commerce de la vie que dans la discussion philosophique. C’est pourquoi il faut avoir appris quelles exigences on doit apporter en chaque espèce de science [….].
Thomas De Koninck (La nouvelle ignorance et le problème de la culture, p.51, PUF, 2001)
Entre la vie que l’on vit et celle que l’on sent, que l’on devine, que l’on voit de loin, il a cette frontière invisible [tracée autour de l’homme], telle une porte étroite où les images des événements doivent se faire aussi petites que possible pour entrer en nous.
Robert Musil (Les désarrois de l’élève Törless, trad. Philippe Jaccottet, p.177, Points R 14)